Classements

TOP 10 WTA Tour
1 Hénin 0 6105
2 Ivanovic
0 4157
3 Kuznetsova 0 3905
4 Sharapova +1 3876
5 Jankovic
-2 3770
6 Chakvetadze +1 2665
7 V. Williams
-1 2586
8 Dementieva
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9 S. Williams 0 2296
10 Hantuchova
0 2257

TOP 10 WTA Race
1 Sharapova
0 1950
2 Ivanovic
0 1475
3 Jankovic
0 1405
4 Kuznetsova 0 1110
5 S. Williams
0 1025
6 Hénin
0 1000
7 Zvonareva
0
847
8 Hantuchova
0 786
9 Radwanska
0 742
10 Dementieva
0 691

TOP 10 ATP Tour
1   Federer 0 6600
2   Nadal 0 5930
3   Djokovic 0 4785
4   Davydenko 0 3175
5   Ferrer 0 2570
6   Roddick 0 2260
7   Nalbandian 0 2070
8   Blake 0 1900
9   Berdych 0 1875
10   Gasquet 0 1855

TOP 10 ATP Race
1 Djokovic 0 331
2 Nadal  0 249
3 Davydenko 0 191
4 Tsonga 0 177
5 Roddick 0 168
6 Federer 0 160
7 Blake  0 132
8 Murray 0  122
9 Youzhny 0 117
10 Nalbandian  0 111

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Roger Federer a remporté son cinquième titre consécutif à Wimbledon en battant Rafael Nadal en cinq sets, dimanche. Le Suisse égale ainsi le Suédois Bjorn Borg qui avait réussi cet exploit de 1976 à 1980. Il compte 54 victoires consécutives sur gazon, dont 34 à Wimbledon.

 

WIMBLEDON 2007 - FINALE

Roger Federer (SUI/N.1) bat Rafael Nadal (ESP/N.2) 7-6 (9/7), 4-6, 7-6 (7/3), 2-6, 6-2

Roger Federer et Bjorn Borg se tiennent par l'épaule et se saluent amicalement. L'image n'est pas virtuelle, elle se déroule réellement, quelques minutes après la remise des trophées de l'édition 2007 de Wimbledon. Le Suédois, vainqueur non-stop de 1976 à 1980, avait misé sur la victoire du Suisse. Le voilà qu'il récompense d'une accolade historique, l'exploit historique de Federer : remporter comme lui cinq fois de suite le titre.

Si l'histoire retiendra cette image, Roger Federer retiendra longtemps celle de la balle de match de cette cinquième finale. Car, comme il a expliqué brièvement au public en recevant son trophée, l'exploit fut surtout de s'imposer, face à un adversaire aussi coriace et talentueux que Rafael Nadal.

Le N.1 mondial et son ambitieux dauphin ont offert un match de très haut niveau, où les qualités de chacun ont pu s'exprimer pleinement, contrairement à la finale de Roland-Garros un mois plus tôt. Pendant deux sets, la confrontation a été stratégique, la troisième manche a été brutale physiquement et les deux dernières intenses et indécises.

58 services gagnants contre 33

L'Espagnol a tout donné pendant cinq sets. Il a modifié ses repères de relanceurs en avançant constamment dans le court, ce qui lui a permis d'être dangereux en retour malgré l'excellence des services du Suisse. Brillant en passing mais emprunté au service (24 aces pour Federer, 1 seul pour lui, 58 services gagnants contre 33), il a imposé une épreuve de force au troisième set en vain, avant de cécer malgré quatre balles de break dans la dernière manche.

"Gagner contre un champion comme Rafael signifie beaucoup pour moi. Il va être présent longtemps et je suis content d'avoir gagné ce titre avant qu'il prenne tout", a déclaré Federer à la fin de la rencontre, ce qui sonne comme un hommage.

Federer comme Borg, Nadal comme McEnroe ?

A ce rythme, le Suisse sait que Nadal finira par le battre sur gazon. L'intensité de ses frappes est incomparable, et sa capacité d'adaptation n'est plus à prouver.

Pour l'instant, Nadal doit faire profil bas : "Il est meilleur. Le meilleur joueur de l'histoire (l'Américain Pete Sampras) a 14 titres en Grand Chelem (dont 7 à Wimbledon, ndlr). Il en est à onze. Il est tout près. Et je pense que le niveau du tennis en ce moment est le meilleur de l'histoire. Je m'améliore, je joue mieux que l'an passé. Je ne peux pas me comparer à lui. Je n'ai que trois titres en Grand Chelem. Mais je suis jeune, je vais continuer à essayer de m'améliorer".

Tandis que l'heure est aux félicitations, que Federer reçoit les congratulations de ses pairs et des anciennes légendes du tournoi, le Suisse se souvient peut-être que la dernière victoire de Bjorn Borg fut obtenue en cinq sets aux dépens de John McEnroe, celui-là même qui le battit l'année suivante, interrompant sa sublime série.

Julien CARRASCO

Les photos de la finale sont en ligne

Arnaud Clément et Michael Llodra ont remporté dimanche la finale du double à Wimbledon. En plus de s'adjuger leur premier titre ensemble, les deux Tricolores entrent dans l'histoire du tennis national puisqu'il faut remonter à 1933 pour trouver trace du dernier succès 100% français à Wimbledon.

 

La paire Michaël Llodra et Arnaud Clément sont devenus dimanche le premier double français à s'imposer à Wimbledon depuis les Mousquetaires en 1933, en battant les jumeaux américains Bob et Myke Bryan, tenants du titre et N.1 mondiaux (6-7, 6-3, 6-4, 6-4). Jean Borotra et Jacques Brugnon, deux des quatre Mousquetaires, s'étaient alors imposés aux dépens d'un double japonais. Depuis 1963 et Jean-Claude Barclay et Pierre Darmon, aucun double 100% français n'avait atteint la finale. Fabrice Santoro y avait perdu l'an dernier, mais il était associé au Serbe Nenad Zimonjic.

La finale de Clément et Llodra était la première en Grand Chelem disputée par les deux hommes, qui n'avaient jamais fait mieux qu'un quart à l'US Open depuis qu'ils se sont associés de manière régulière en 2006. Llodra avait remporté la finale de l'Open d'Australie en 2004, déjà contre les frères Bryan, mais il jouait alors avec Santoro. Pour fêter son succès, il s'était déshabillé sur le court. À Wimbledon, Llodra s'est contenté d'ôter son T-shirt. "Vous devez être plus relax en Angleterre. Il ne faut choquer personne ", a-t-il plaisanté.

Une fin à sens unique

Dans l'ère Open (depuis 1968), il ne s'agit que de la quatrième victoire d'un double français en Grand Chelem. Henri Leconte et Yannick Noah l'avaient emporté à Roland-Garros en 1984, tandis que Llodra et Santoro avaient gagné deux titres consécutifs en Australie (2003 et 2004). Le parcours des deux Français, qui sont désormais le double le plus souvent aligné en Coupe Davis, est d'autant plus méritoire qu'ils n'ont perdu qu'une fois leur service durant tout le tournoi et ont sauvé une balle de match au 2e tour face aux Américains Amer Delic et Bobby Reynolds.

Menés deux sets à zéro, ils avaient emporté les deux suivants au tie-break et conclu le match 14-12 dans le dernier. Ils étaient opposés dimanche aux grands spécialistes du genre. Les jumeaux Bryan ont remporté cinq tournois du Grand Chelem en douze finales. A Wimbledon, c'était leur troisième consécutive. S'ils ont remporté le premier set au tie-break, les Américains ont ensuite été constamment dominés. "Sur les trois derniers sets, c'est un match à sens unique", s'est félicité Clément.

AFP

Pour sa première finale de Grand Chelem, Marion Bartoli a été battue en deux sets en finale de Wimbledon face à une Venus Williams impériale. L'Américaine, énorme serveuse, remporte son quatrième titre à Wimbledon et son sixième trophée en tournoi du Grand Chelem.

 

WIMBLEDON - Finale dames

Marion la combattante est tombée sur plus combattive qu'elle. La troisième Française en lice en finale à Wimbledon n'a pas réussi à succéder à Amélie Mauresmo au palmarès du simple dames du tournoi londonien, en s'inclinant en deux manches face à Venus Williams. En 1h30 de jeu et à grands coups de service, l'Américaine s'est rappelée au bon souvenir des Anglais en remportant son quatrième titre sur cette pelouse et son sixième trophée en Grand Chelem.

L'entame de match est largement à la faveur de l'aînée des Williams. Sous l'oeil envieur de sa soeur cadette Serena présente dans les tribunes, Venus prend les choses en main dès les premiers échanges. Grâce à un service canon, dont le plus rapide a été kilométré à 201 km/h, l'Américaine ne tarde pas à s'échapper dans le premier set. Les relances sont puissants et la pression sur le service de la Française palpable : Bartoli est menée 3-0 suite à une malheureuse double faute.

Un début tendu

Orgueilleuse, Marion ne lâche pourtant pas le morceau. Remportant son premier jeu à 3-1, la Française reprend vie au service : de 25% de premières balles, elle en sert désormais 62%. La marge est énorme, son retour dans le match aussi. Elle aligne trois jeux d'affilée et fait douter Williams qui ne s'attendait pas à ça. Au pied du mur, Venus sert des boulets de canon que Bartoli a bien du mal à renvoyer. Après un jeu blanc, l'Américaine fait le break salvateur au 12e jeu, d'une volée rageuse au filet pour empocher le premier set (6-4).

Un score logique, tant Williams a pris en main les échanges en faisant 15 coups gagnants pour seulement 6 fautes directes au premier set. Si le retour de Bartoli a été héroïque, la peine accumulée pour remonter et tenir le score l'a achevée. La seconde manche est une balade de santé pour Venus, qui s'échappe en breakant dès le 2e jeu de la manche... mais la balade tourne court, la kiné étant appelée pour soigner les deux finalistes coup sur coup : le pied gauche pour Bartoli et l'adducteur gauche pour son adversaire.

Steffi, Martina et Billie... et Venus

Si Bartoli signe un jeu blanc au retour sur le court, Williams ne tremble pas pour tenir son avance. En réduisant ses efforts, Venus claque de grands coups droits qui laissent Bartoli loin de la balle. Le double break en poche à 5-1, l'Américaine ne manque pas de finir le match sur sa mise en jeu, d'un service canon dirigé sur le corps de son adversaire.

Venus Williams peut lever les bras au ciel : l'Américaine, tête de série N.23, devient la vainqueur la moins bien classée de toute l'histoire du tournoi. Vainqueur à l'arraché 9-7 au troisième set face à Lindsay Davenport en 2005 lors de son dernier succès à Londres, Venus entre plus facilement dans le cercle fermé des quadruples vainqueurs de Wimbledon, derrière trois autres légendes : Martina Navratilova (9 titres), Steffi Graf (7) et Billie Jean King (6). Marion Bartoli se consolera avec une 11e place mondiale inédite au classement WTA.

Sébastien PETIT

Forte d'une victoire de prestige face à Justine Henin, Marion Bartoli est persuadée qu'un plus beau jour l'attend face à Venus Williams en finale de Wimbledon. La Française, qui succède à Amélie Mauresmo en tant que finaliste, tentera de tenir la dragée à l'aînée des Williams, déjà triple vainqueur.

 

Comment expliquez-vous le changement complet dans votre jeu, d'un premier set raté à une suite époustouflante?

M.B. : Pour vous dire la vérité, j'ai vu Pierce Brosnan dans la foule. C'est un de mes acteurs favoris. Je me suis dit: "Ce n'est pas possible d'être aussi mauvaise devant lui". J'ai frappé plus fort, j'ai essayé de jouer plus intelligemment. Quand j'ai vu qu'il m'applaudissait, je me suis dit, "Super". Alors j'ai continué. Après le match, il m'a fait la bise. Il m'a dit qu'il adorait mon jeu.

Henin vous avait très largement battue à Eastbourne il y a deux semaines...

M.B. : Chaque match est différent. Surtout sur gazon. J'ai essayé d'exploiter les trous dans sa tactique. J'ai cru à mon service du début à la fin. Dans un bon jour je peux battre n'importe qui. Je l'ai prouvé aujourd'hui. (Agacée) Ce n'est pas parce que j'ai perdu 6-1, 6-3 que je devais forcément perdre aujourd'hui.

Comment vous sentiez-vous en début de match, jouant sur le Central de Wimbledon pour la première fois de votre vie?

M.B. : Le premier set j'étais nerveuse. Le vent me gênait. Je ne mettais pas assez de vitesse dans la balle. J'ai juste essayé d'oublier ce premier set, contre qui et où je jouais (...) Par la suite, par moments, je jouais le meilleur tennis de ma carrière.

Vous réalisez que vous êtes en finale du plus grand tournoi du monde?

M.B. : Je ne réalise pas ce que je fais en ce moment. Quand j'ai vu le tirage, j'étais inquiète de mon premier tour contre Flavia Pennetta. Si vous m'aviez dit avant que j'irais en finale, je n'aurais pas voulu le croire. Je réaliserai après.

Que vous a dit votre père qui vous entraîne?

M.B. : Il m'a dit: "Alors là, je ne sais plus quoi dire." Une finale à Wimbledon... Cela signifie beaucoup. On travaille ensemble depuis la première fois que j'ai touché une balle, il y a seize ans. Ce n'était pas mon but d'être en finale d'un Grand Chelem. Je l'ai fait. On l'a fait ensemble. Cela signifie qu'il est un bon docteur, un bon coach de tennis. Et un très bon père. On s'entraînait dans une salle trop petite. J'étais obligée de jouer dans le court sinon ma raquette touchait les murs. J'avais un bonbon quand je touchais la cible. J'ai appris à jouer comme ça.

Une fois de plus, vous ne partez pas favorite contre Venus Williams en finale.

M.B. : Je suis déjà dans ce match. Il faut oublier les Félicitations, les "Bien joué". Il reste un énorme défi.

Parviendrez-vous à garder le niveau de jeu que vous avez eu contre Henin?

M.B. : (Agacée) A la fin du 2e et du 3e sets contre Henin, je jouais comme contre Jankovic (en huitièmes). Je n'étais pas au-dessus de mon niveau. Je jouais juste bien. Ce qui m'arrive, je l'ai mérité 200 fois. J'ai travaillé autant que les autres, si ce n'est plus. Je crois en mon talent. J'ai démontré que je pouvais être une des meilleures joueuses du monde.

Est-ce le plus beau jour de votre carrière?

M.B. : Battre Justine Henin, N.1 mondiale incontestable... C'est le plus beau jour de ma vie, mais demain je suis persuadée que j'en vivrai un encore plus beau.

AFP

A peine sorti du piège Robin Soderling, Rafael Nadal a dû remonter deux sets de retard pour battre Mikhail Youzhny en huitièmes de finale. Le Russe, qui avait sorti l'Espagnol à l'US Open l'année dernière, a joué à un très haut niveau mais il s'est incliné devant un Nadal décidément phénoménal.

 

WIMBLEDON - 1/8 de finale messieurs

Après un premier match en cinq manches et quatre jours contre Robin Soderling, Rafael Nadal a rempilé pour un nouveau match en cinq sets contre le Russe Mikhail Youzhny. Cette fois-ci, il était mené deux sets à rien. A chaque match son défi pour l'incroyable Nadal.

Dès la première manche, les deux hommes offrent ce qui ressemble à l'un des plus beaux sets de la quinzaine. Les points à la volée sont acharnés, Nadal régale avec son coup droit alors que Youzhny défend particulièrement bien et fait preuve d'une belle combativité. Il lâche trois ou quatre revers exceptionnels pour remporter le premier set ce qui ne gâche rien.

Nadal enclenche la vitesse supérieure

Dans la deuxième manche, Nadal ne réagit pas comme on s'attendait à ce qu'il le fasse. Youzhny gêne toujours son adversaire avec sa première balle (70% de premier service dans les deux premiers sets. On se demande alors si le Majorquin ne semble pas atteint par l'enchaînement irrégulier des matches mais c'est dos au mur que celui-ci réagit en retrouvant une certaine lourdeur dans le troisième set.

Le triple vainqueur de Roland-Garros accélère le rythme de l'échange et ne fait plus de cadeau à son adversaire. Le Moscovite est même obligé de faire appel à plusieurs reprises au kiné pour atténuer ses douleurs dans le bas du dos. Nadal en profite pour glaner 23 points en retour de service dans les deux sets suivants, remportés très aisément 6-1 et 6-2.

"Je n'avais jamais aussi bien joué sur herbe"

"L'inspiration est venue un peu tard", a convenu Nadal. "A partir du troisième set, j'ai été plus agressif, j'ai bougé plus vite et j'ai essayé de faire quelque chose avec chaque balle. Il servait très bien. J'ai lutté, même quand c'était difficile. J'ai profité de ma première occasion de break dans le troisième set et après tout a changé."

Le match est désormais à sens unique et rien ne semble arrêter le numéro deux mondial qui n'hésite pas à monter à la volée pour conclure les points (19/26 dans ce secteur de jeu). Malgré quelques sursauts d'orgueil de Youzhny, l'Espagnol finit par s'imposer en un peu plus trois heures de jeu pour retrouver en quart de finale le Tchèque Tomas Berdych.

Le périple vers une éventuelle seconde finale consécutive à Wimbledon ne fait que commencer mais Nadal se nourrit des épreuves qui lui sont proposées : "Je sentais la balle merveilleusement bien à la fin", a-t-il conclu. "Je n'avais jamais aussi bien joué sur herbe." Avis aux pessimistes.

LES AUTRES RESULTATS

Marcos Baghdatis (CHY/N.10) bat Nikolay Davydenko (RUS/N.6) 7-6(7/5), 7-6(7/5), 6-3

Prochain adversaire: Djokovic.

Tomas Berdych (CZE/N.7) bat Jonas Bjorkman (SWE/N.19) 6-4, 6-0, 6-7(6/8), 6-0.

Prochain adversaire: Nadal.

Yacine BENRAJEB et J.C.

Marion Bartoli jouera sa première demi-finale de Grand Chelem à Wimbledon, après sa victoire en trois sets sur Michaella Krajicek. Elle rencontrera Justine Henin au prochain tour. Maria Sharapova quitte le tournoi dès le 4e tour, où Venus Williams l'a éliminée en deux manches.

 

WIMBLEDON - 1/4 de finale dames

Seules quatre Françaises ont réussi à atteindre les demi-finales de Wimbledon depuis le début de l'ère Open : Françoise Dürr (1970), Nathalie Tauziat (1998), Amélie Mauresmo (2002, 2005 et 2006) et désormais : Marion Bartoli. Elle a vaincu une des grandes espoirs du tennis néerlandais, Michaella Krajicek. Comme lors de son quart de finale, elle est revenue d'un set à rien pour finir en beauté avec une détermination exemplaire.

Marion Bartoli a confirmé son exploit des huitièmes de finale, où elle avait sorti l'une des meilleures joueuses de l'année, la tête de série N.3 Jelena Jankovic, en répondant coup pour coup puis set pour set à la jeune Michaella Krajicek.

A 18 ans, la Néerlandaise représentait un piège parfait pour la Française. Discrète après son premier titre, sur gazon, à 's-Hertogensbosch en 2006, la demi-soeur de l'ancien vainqueur de Wimbledon (1996) prénommé Richard, elle avait taillé sa route dans le tableau dames avec autorité.

Krajicek attaque fort

Son tennis agressif, qui s'appuie sur une bonne première et une grande efficacité dans ses coups joués vers l'avant ont pris Bartoli de vitesse dans la première manche. Avec 60% de premières balles, Krajicek peut tranquillement lancer ses attaques. Elle breake à 4-2, et confirme en alignant les aces.

Bartoli a beau sautiller comme d'habitude entre les points, son tennis hyperactif et ses prises à deux mains, qui lui donne l'allure d'une Monica Seles à la mode hexagonale, semble trop lent. L'idée que son éprouvant match de la veille face à Jelena Jankovic pèse dans ses jambes fait son chemin. Au premier jeu du deuxième set, elle réussit pourtant un jeu blanc avant l'unique interruption de la partie.

Bartoli remonte encore la pente

De retour sur le court, les rôles s'inversent instantanément. C'est maintenant Krajicek qui semble au ralenti sur les longues courses de fond de court et qui peine au service. Sur ses secondes balles, la Néerlandaise est aussi vulnérable que Bartoli.

Cette dernière a remis son service à l'endroit pendant la pause au vestiaire. Elle ne perd qu'un point sur ses cinq premiers jeux de service du set pour conclure à 40/30, sans trembler à 6-3. Krajicek ne tient plus l'échange.

Le dernier set offre quatre jeux de très grande intensité. Krajicek sert mieux. Mais les nerfs craquent finalement au cinquième jeu. A 30/A, sur une seconde balle, elle voit une balle échapper à son revers à cause d'un faux rebond. Michaella hurle sa frustration et bloque quelques larmes de frustration.

Bartoli, c'est déjà historique

Bartoli, qui avait flanché à Roland-Garros en huitièmes, sait cette fois faire abstraction de l'enjeu. Elle pilonne son adversaire et fait le break (3-2), avant de doubler son avantage au terme d'un passionnant septième jeu (5-2). Krajicek retrouve tout son tennis offensif pour sauver quatre balles de double break avant de s'avouer vaincue.

Comme à Roland-Garros, Marion Bartoli devient la dernière française en lice. Plus qu'une confirmation, son parcours à Wimbledon la propulse dans l'histoire du tournoi et du tennis français. Depuis l'ère Open, six joueuses seulement ont atteint les demi-finales d'un Grand Chelem. Elle en fait partie.

LES DEMI-FINALISTES EN GRAND CHELEM

Françoise Dürr : Wimbledon 1970, Roland-Garros 1972, 1973.

Nathalie Tauziat: Wimbledon 1998.

Mary Pierce: Roland-Garros 1994, 2000, 2005, Open d'Australie 1995, 1997, US Open 2005.

Amélie Mauresmo: Wimbledon 2002, 2004, 2005, 2006, Open d'Australie 1999, 2006, US Open 2002, 2006.

Nathalie Dechy: Open d'Australie 2005.

Julien CARRASCO

Gaël Monfils n'a pas réussi l'impossible, à savoir revenir de deux sets à rien face à Nikolay Davydenko, mardi au 3e tour de Wimbledon. Ce match, débuté lundi, n'a pas vu le Français réussir à se qualifier pour les huitièmes de finale comme à Melbourne et Paris cette saison.

 

WIMBLEDON - 3e tour messieurs

Gael Monfils a passé une fois le troisième tour d'un Grand Chelem, c'était à Roland-Garros en 2006. En onze participations, c'est son meilleur résultat. En 2007, il a été bloqué trois fois au 3e tour. Mardi, c'est un joueur qui n'avait jamais passé le 2e tour à Wimbedon qui l'a dominé. Demi-finaliste à Roland-Garros face à Federer, Nikolay Davydenko, qui apprend à maîtriser le jeu par à-coups sur gazon, a fait la différence sur deux jours.

Optant pour la tactique du tout ou rien depuis le début du tournoi, Monfils nous a proposé le deuxième choix pour ce match. Performant sur sa mise en jeu durant les tours précédents, le Français a connu une fortune diverse dans ce match. S'il a réussi à passer 12 aces, le Tricolore affiche une statistique décevante, parce que décevante, de 50% de premières balles. Sur gazon, ça se paye cash. La facture a d'ailleurs été salée face à Davydenko.

D'entrée de match lundi, Monfils se fait breaker. Il ne reverra plus son adversaire dans ce premier set. Davydenko s'appuie sur un service canon-sur ses six jeux du premier set, il en remporte trois par un jeu blanc- et lorsque le Français ose lui remettre la balle, le coup droit du Slave lui ouvre le court à chaque fois. Pas inquiété sur son service, le Russe met la pression sur le service du Français en le baladant sur tout le cours avec son terrible coup droit.

Objectif Baghdatis

A 5-3, la pluie s'invite et Monfils pense en profiter pour reprendre du poil de la bête. Il n'en sera rien. Le Russe reste imperturbable, contrairement au Français qui cumule les fautes directes pour donner le premier set à Davydenko (6-3). Le Français resserre toutefois la vis au deuxième set en conservant son service dans les premiers jeux. Il réussit même à breaker pour mener 4-2. Mais là encore, le Parisien se voit rattrapé par ses erreurs. Il permet à Davydenko de recoller au score en alignant pas moins de trois doubles fautes. La tête de série n°6 n'en demandait pas tant.

Impérial au filet avec 88% de réussite (contre 67% pour Monfils), Davydenko finit par achever le Français (6-3, 7-5) incapable de retourner la balle. Le troisième set ne fait que confirmer la domination totale de Davydenko, qui mène 3-0 avant que le match ne soit totalement interrompu.

Malgré la nuit pour refaire le point dans sa tête, Monfils sait que son avenir londonien ne tient plus à grand chose à son retour sur le court mardi. Impuissant sur son service, faible en retour (31%) et multipliant les fautes directes (31), Monfils n'est que l'ombre de lui-même. Davydenko conclut tranquillement son match 6-3, 7-5, 6-3. Le Russe se qualifie pour les huitièmes de finale et réalise sa meilleure performance à Wimbledon où il n'avait passé qu'une fois le premier en 2005. Au prochain match, il affrontera le plus français des Chypriotes, Marcos Baghdatis.

Matthieu MARGUERITTE

Les orages au-dessus de Wimbledon n'étaient pas de bon augure pour la tenante du titre. Interrompue trois fois, Amélie Mauresmo a été sortie en trois sets par Nicole Vaidisova en huitièmes de finale. La Tchèque réédite son exploit de 2006 à Roland-Garros.

 

WIMBLEDON - Huitièmes de finale dames

Comme l'année dernière à Roland-Garros, Nicole Vaidisova a sorti Amélie Mauresmo en huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem. La Tchèque, qui était breakée dans le premier set et qui a ensuite sauvé trois balles de set dans le tie-break, a fait chuter la tenante du titre.

C'est la première fois depuis 2002 (elle n'était pas présente en 2001) que la Française est éliminée avant les demi-finales. La déception est à la hauteur des orages qui ont interrompu la partie à trois reprises.

D'emblée, Mauresmo s'était pourtant installée dans "son" court central. Elle breake dès le deuxième jeu. Son jeu commence soudainement à se déliter. Vaidisova refait surface mais, de manière générale, les deux protagonistes semblent très tendues et commettent beaucoup de fautes. La Tchèque prend des risques en coup droit alors que la Française commet quelques bourdes au filet et accumule de manière inquiétante les double-fautes.

Finie la série de quatre demi-finales consécutives

Les deux joueuses sont incapables de conserver leur mise en jeu (quatre breaks consécutifs). L'incertitude demeure jusqu'au bout de cette première manche. Dans le jeu décisif, Mauresmo mène 6/3 et est ainsi trois fois en mesure de remporter la mise. Sur un retour manqué en chop de revers et deux points mal négociés en défense, dont un sur sont propre service, elle 6/8 en encaissant cinq points de suite...

Malgré tout, la Parisienne reste dans la partie. Vaidisova, qui n'a pas l'habitude de briller sur gazon, pratique toujours un jeu à haut risque, genre "bombardier Sharapova". La tenante du titre reprend le contrôle des échanges et parvient à faire le break dès que l'ouverture se présente à 3-2.

Moins de fautes directes, des échanges mieux menés, de bonnes premières balles, les joueuses deviennent plus consistantes. La troisième interruption due à la pluie ne perturbe pas le rythme de Mauresmo qui remporte le deuxième set sur sa mise en jeu.

La pluie, troisième actrice du match

Mauresmo n'arrive cependant pas à enchaîner. Ses problèmes au service persistent : "Le service ne marchait pas bien" , a-t-elle confirmé. Le service est un point essentiel sur herbe et ça ne se passe pas bien depuis Eastbourne."

Vaidisova assène quelques passings qui font mal comme elle avait balancé des grands coups droits à Roland-Garros, l'année passée déjà au stade des huitièmes de finale. Le scénario qui avait vu Mauresmo fléchir Porte d'Auteuil se répète. Elle avait perdu 7-6, 2-6, 1-6 à Paris. Elle s'incline 1-6 à Wimbledon. "J'ai galéré tout le match pour trouver le rythme" a expliqué Mauresmo. Ça s'est effondré sur la fin."

Sa rivale du jour est loin de possèder la science tactique qui est la sienne, sans parler de son expérience ou de la variété de ses coups, mais elle présente une insouciance et une puissance qui rappelle une certaine Maria Sharapova en 2004.

Amélie Mauresmo, qui avait remporté quatre titres en 2006, n'a pu en défendre qu'un seul : Anvers. L'Open d'Australie, l'Open de Paris et Wimbledon ne lui appartiennent plus. Elle conclut : "Je n'ai jamais ressenti les sensations de l'année dernière. Dans l'ensemble, j'ai été meilleure sur gazon que sur terre, mais après le match d'aujourd'hui c'est difficile de rester positive". Elle n'a pas dépassé le stade des huitièmes en Grand Chelem cette année, sortie trois fois par des joueuses tchèques : Lucie Safarova (à Melbourne et Paris) et Nicole Vaidisova.

Julien CARRASCO et Yacine BENRAJEB

Justine Henin a été la première à se qualifier pour les quarts de finale lundi à Wimbledon. S. WIlliams, qui a souffert de crampes face à Hantuchova, a été sauvée par la deuxième interruption. Vaidisova retrouvera Mauresmo. Rezai a perdu face à Ivanovic. Paszek sort Dementieva. Krajicek progresse.

 

WIMBLEDON - tableau dames

LE MATCH DU JOUR

Serena Williams peut remercier les dieux de la météo après sa victoire sur Daniela Hantuchova! Foudroyée par une grosse "crampe" à 5-5 dans le deuxième set, l'Américaine a vu la pluie stopper son calvaire (elle ne pouvait plus courir).

Dans le premier set, c'est l'Américaine qui prend le jeu à son compte grâce à sa très lourde mise en jeu et le poids qu'elle met dans la balle. Pour sa part, la Slovaque parait très empruntée et incapable de tenir les échanges, se trouvant ainsi poussée souvent à la faute. Elle attend la fin du premier set, remporté 6-2 par l'ancienne numéro un mondiale, pour se ressaisir et faire preuve de plus de pugnacité.

Hantuchova relance et défend mieux tout en étant plus saignante sur sa première balle (75% dans les deux premiers sets). Elle break dans le quatrième jeu mais vacille au moment de conclure le deuxième acte, sous les coups de boutoir de Serena Williams.

Puis survient le moment fort de la partie: une vive douleur touche l'Américaine à son mollet droit. Se tordant de douleur, elle met cinq longues minutes à se relever avant de reprendre la partie et d'être sauvée par une énième arrivée de la pluie sur l'All England Lawn. Daniela Hantuchova a eu beau réussir de très bons enchaînements dans la dernière manche, Serena était de retour, cognant les balles sans retenue. Le quart de finale face à Justine Henin, revanche de celui qui a vu la Belge s'imposer à Roland-Garros, aura bien lieu. Mais quand ?

LA PERF DU JOUR