Classements

TOP 10 WTA Tour
1 Hénin 0 6105
2 Ivanovic
0 4157
3 Kuznetsova 0 3905
4 Sharapova +1 3876
5 Jankovic
-2 3770
6 Chakvetadze +1 2665
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8 Dementieva
0 2305
9 S. Williams 0 2296
10 Hantuchova
0 2257

TOP 10 WTA Race
1 Sharapova
0 1950
2 Ivanovic
0 1475
3 Jankovic
0 1405
4 Kuznetsova 0 1110
5 S. Williams
0 1025
6 Hénin
0 1000
7 Zvonareva
0
847
8 Hantuchova
0 786
9 Radwanska
0 742
10 Dementieva
0 691

TOP 10 ATP Tour
1   Federer 0 6600
2   Nadal 0 5930
3   Djokovic 0 4785
4   Davydenko 0 3175
5   Ferrer 0 2570
6   Roddick 0 2260
7   Nalbandian 0 2070
8   Blake 0 1900
9   Berdych 0 1875
10   Gasquet 0 1855

TOP 10 ATP Race
1 Djokovic 0 331
2 Nadal  0 249
3 Davydenko 0 191
4 Tsonga 0 177
5 Roddick 0 168
6 Federer 0 160
7 Blake  0 132
8 Murray 0  122
9 Youzhny 0 117
10 Nalbandian  0 111

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C'est un coup de massue qui est tombé sur la tête de Rafael Nadal. A 22 ans, Jo-Wilfried Tsonga jouera la première finale du Grand Chelem de sa carrière et rêvera, dimanche, de rejoindre Yannick Noah dans la légende. Que ce soit contre Roger Federer ou Novak Djokovic, il croit en ses chances...

 

Tout le monde est sous le choc. Et vous ?

Jo-Wilfried TSONGA: Ce soir, j'étais encore plus relâché que contre Youzhny. Je suis arrivé sur le terrain en me disant que mon attitude serait la même. J'ai joué cette demi-finale limite à me dire je m'en fous (sourire). J'ai fait rêver des gens et je me suis fais rêver.

Que ressentez-vous après la balle de match ?

J-W.T. : J'ai joué ce point comme un point normal. Quand je gagne, je me rends compte que j'ai fait quelque chose de fabuleux.

Etiez-vous ailleurs ?

J-W.T. : Oui, chez mes parents, avec ma famille, mes amis. Ailleurs (sourire). Ça va être dur de s'endormir cette nuit (sourire).

Quelle était votre tactique ?

J-W.T. : Je suis resté dans le terrain et j'ai avancé dans le terrain. Et j'ai lâché mes coups. Ce soir, je ne pouvais pas mettre plus d'énergie dans la balle. Je ne sais pas si je peux encore taper plus fort que ça (sourire). L'idée, c'était aussi de monter à la première occasion, même sur de balles qui n'étaient pas faciles. Je n'ai pas raté beaucoup de volées ce soir.

Parlez-nous de votre service...

J-W.T. : J'ai une entière confiance dans ce coup. Je sais que si mon geste technique est bon, il va passer. Je ne peux pas trop rater. Après l'incident d'arbitrage, je m'énerve un peu et là je me dis : je vais mettre trois boulets et n'en parlons plus (sourire). Et je fais l'ace (sourire).

Quand avez-vous senti qu'il était touché au moral ?

J-W.T. : A la fin, j'ai vu qu'il faisait des fautes directes. Je me suis continuellement accroché. Ça l'a empêché de respirer. Mais même si le match avait été plus long, je me sentais bien physiquement.

A la fin du 1er set, le public vous a réservé une première standing ovation. Cela vous a surpris ?

J-W.T. : J'ai senti une énergie qui me poussait, une émulation dans le public. Mais j'étais vraiment dans mon truc.

Dimanche, vous affronterez Roger Federer ou Novak Djokovic. Quelle sera votre tactique ?

J-W.T. : Ma tactique ne va pas changer. Les deux, je ne vais pas les laisser entrer dans le terrain.

Propos recueillis par Yannick Cochennec

Le Suisse Roger Federer, N.1 mondial, s'est qualifié pour les demi-finales de l'Open d'Australie en battant l'Américain James Blake (N.12) 7-5, 7-6 (7/5), 6-4, mercredi à Melbourne.

Il rencontrera vendredi le Serbe Novak Djokovic (N.3) pour une revanche de la finale du dernier US Open qu'il avait remportée. Plus original, le précédent match entre les deux joueurs, à Montréal, s'était soldé par une victoire du jeune Serbe de 20 ans, dernier entrant dans le trio majeur du tennis mondial.

La première demi-finale opposera jeudi l'Espagnol Rafael Nadal à la révélation du tournoi, le Français Jo-Wilfried Tsonga.

Federer sera présent pour la quinzième fois d'affilée dans le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem, améliorant ainsi un record qu'il avait pris il y a une an et demi à son idole Rod Laver (10).

En quart de finale mercredi, il a battu James Blake en trois sets 7-5, 7-6 (7/5), 6-4. Comme souvent entre les deux hommes, l'affrontement a été de très haut niveau et le tenant du titre est toujours resté maître de la situation en haussant son niveau de jeu sur les points importants.

"Il sert bien, il sait remettre la balle en jeu quand il faut et lorsqu'il passe à l'offensive il fait très mal. Ce sont à peu près toutes les facettes qu'il faut avoir dans le jeu", a commenté l'Américain (N.12).

Grâce à cette victoire, sa huitième en autant de matches contre Blake, le Suisse est désormais sûr de conserver la première place mondiale lundi prochain pour la 209e semaine d'affilée, là aussi un record battu en début d'année dernière.

Si Federer avait perdu avant la demi-finale, Nadal aurait pu le dépasser en remportant le tournoi, mais la perspective ne semble pas l'avoir inquiété outre mesure.

"J'avais entendu des rumeurs comme quoi je pouvais la perdre", a-t-il plaisanté au micro de Jim Courier, l'ancien champion américain, qui fait le speaker dans la Rod Laver Arena.

Djokovic a lui aussi fait forte impression face à David Ferrer, battu 6-0, 6-3, 7-5, même si une nette baisse de régime en fin de troisième set a failli remettre en jeu l'Espagnol.

Le N.3 mondial a manqué quatre balles de match à 5-4 sur service adverse, puis s'est fait remonter à 5-5 en perdant sa mise en jeu. Il n'a pas été loin non plus de perdre aussi son sang-froid en s'énervant contre le public trop bruyant à son goût.

"J'ai beaucoup de pression, c'est parfois difficile de garder son calme sur le court. Je ne devrais pas me laisser déconcentrer", a reconnu Djokovic, qui a profité de l'incapacité de son adversaire, N.5 mondial, à s'engouffrer dans la brèche.

Le Serbe, qui disputera sa première demi-finale à l'Open d'Australie, a maintenant atteint le dernier carré de tous les tournois du Grand Chelem après Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open l'année dernière.

Sa qualification a complété le triomphe de la Serbie, qui aura trois représentants en demi-finale, une performance extraordinaire pour un petit pays de 10 millions d'habitants. Il ne s'agit pas d'une première car Djokovic, Jelena Jankovic et Ana Ivanovic avaient réussi la même performance lors du dernier Roland-Garros.

Jankovic s'est qualifiée mardi en battant la championne en titre Serena Williams et affrontera la Russe Maria Sharapova, grande favorite pour le titre depuis sa victoire sur la N.1 mondiale Justine Henin.

Ivanovic, 20 ans, a fini d'éliminer la famille Williams en sortant en deux manches 7-6 (7/3), 6-4 la soeur aînée Venus, à qui elle n'avait jamais réussi à prendre un set en quatre confrontations.

La Belgradoise sera favorite face à Daniela Hantuchova, qui a battu la jeune Polonaise de 18 ans Agnieszka Radwanska 6-2, 6-2.

La Slovaque a connu une longue éclipse après s'être révélée très jeune (elle avait été N.5 mondiale en 2002, à 19 ans). Elle obtient le meilleur résultat de sa carrière en Grand Chelem, récompense d'une lente remontée vers le sommet.

AFP

A 22 ans, Jo-Wilfried Tsonga disputera la première demi-finale de sa carrière en Grand Chelem contre Rafael Nadal qu'il croisait régulièrement dans les compétitions de jeunes. A 1h10 du matin, quand il s'est présenté devant la presse après son succès sur Youzhny, il pensait déjà à sa demi-finale.

 

On vous a vu très ému après la balle de match

Jo-Wilfried Tsonga : A ce moment-là, je ne sais pas comment réagir (sourire). Je ne sais plus où j'habite. J'ai les yeux qui partent vers là. Je suis perdu. Les émotions sont venues d'un coup quand je suis allé vers Jim Courier pour l'interview.

Que vous dîtes-vous ?

J-W.T. : Que j'ai ma place en demi-finales, avec des grands joueurs. J'essaie déjà de me projeter vers le match de jeudi. J'ai progressé dans beaucoup de domaines. Je sais que je peux battre n'importe qui. Oui, j'ai ma place en demi-finales.

Vous avez sauvé une balle de 3e set de manière audacieuse. Etait-ce facile d'oser à un moment aussi crucial ?

J-W.T. : Depuis tout petit, je n'attends pas que ça vienne. Dans la vie, il faut aller chercher les choses. Su cette balle de set, je lui mets un placard et je vais au filet (rire).

Comment vous sentiez-vous physiquement en cas de 4e set ?

J-W.T. : J'avais encore des jambes. Mais au 3e set, il a beaucoup mieux joué. C'était bien de finir.

Et maintenant Rafael Nadal

J-W.T. : J'avais perdu contre lui lors du dernier US Open. Mais j'avais senti que je n'étais pas loin. Depuis, j'ai beaucoup progressé, en revers, au service et physiquement.

Comment vous sentez-vous sur un court aussi impressionnant que le central de Melbourne ?

J-W.T. : Je suis relax. Avant, je serais rentré avec la boule au ventre. Aujourd'hui, j'ai essayé de détendre mes entraîneurs qui étaient plus tendus que moi (sourire). J'ai mangé un muffin. J'ai écouté de la musique. Quand je rentre sur le terrain, je sens que j'ai ma place.

Vous disiez après votre victoire en quarts de finale que c'était une blague. Que dîtes-vous aujourd'hui ?

J-W.T. : J'ai l'impression que c'est une plaisanterie, qu'on va me dire « coucou, c'est nous » (rire).

Que pensez-vous de cette référence permanente à Mohammed Ali ?

J-W.T. : Je trouve ça marrant. Il y a peut-être une petite ressemblance, en effet. Si je peux avoir le même charisme que lui, ce sera bien (sourire).

Yannick Cochennec, à Melbourne

Roger Federer et Novak Djokovic, deux prétendants à la victoire finale, sont parvenus sans trop de difficultés à se qualifier pour les quarts de finale de l'Open d'Australie, lundi à Melbourne. Venus Williams et Ana Ivanovic les ont imités.

Après avoir frôlé l'élimination au tour précédent face au Serbe Janko Tipsarevic, puisqu'il n'avait gagné qu'après un cinquième set conclu 10-8 et 4h28 de jeu, Roger Federer a été bien plus expéditif face au Tchèque Tomas Berdych, 13e mondial (6-4, 7-6 (7), 6-3 en 1h59).

"Réussir à gagner en trois sets, c'est pas mal, a dit le Suisse, parce qu'il y a forcément beaucoup de questions qui se posent après un match en cinq sets comme celui de l'autre jour, où je j'ai beaucoup raté. "

S'il n'a pas paru exempt de nervosité, discutant notamment plusieurs décisions de l'arbitre, le numéro 1 mondial a rassuré quant à sa capacité à serrer le jeu dans les moments-clés face à un adversaire qui l'avait battu lors des Jeux olympiques d'Athènes, mais qu'il avait depuis dominé à cinq reprises. En 1 heure 59, le Suisse a distillé 45 coups gagnants, dont 11 aces.

Mené 3-0 dans la deuxième manche après avoir empoché la première en 31 minutes, Roger Federer a débreaké dans la foulée avant d'emmener au tie-break son adversaire qui éprouvait pourtant moins de difficulté que lui à remporter ses jeux de service (74% de points gagnés sur première balle et 3 aces). Le Suisse y a sauvé deux balles de set avant de s'y imposer 9 points à 7 sur une faute de coup droit de Tomas Berdych.

Le tenant du titre, en course pour un troisième succès consécutif à Melbourne, n'a dès lors plus connu d'alerte, ne perdant jamais l'avantage du break réussi au sixième jeu du troisième set (4-2). "J'ai essayé de mettre la pression sur lui, parce que je sais qu'il a tendance à se mettre à faire beaucoup de fautes par moments, a commenté le numéro 1 mondial. Et c'est ce qui s'est passé."

En quarts de finale, Roger Federer affrontera James Blake, 15e mondial. L'Américain n'a pas eu besoin de forcer face au Croate Marin Cilic et s'est contenté de réaliser le break une fois dans chaque manche (6-3, 6-4, 6-4).

"Je ne vais pas entrer dans ce quart de finale en me disant que Roger est un peu agacé à cause de ses précédents matches", a prévenu James Blake. "Je ne pense vraiment pas qu'il me donnera le moindre point gratuit même s'il est énervé."

L'autre quart de finale du haut de tableau opposera le Serbe Novak Djokovic à l'Espagnol David Ferrer qui atteignent tous deux pour la première fois ce stade de la compétition.

Programmé en nocturne sur la Rod Laver Arena, le Serbe a mis à mal tous les espoirs d'un pays en se défaisant du héros local Lleyton Hewitt en trois sets secs et 1h26 (7-5, 6-3, 6-3). Encore éprouvé par les efforts consentis deux jours plus tôt à l'occasion de son succès sur Marcos Baghdatis scellé à 4h33 du matin, l'Australien n'a vraiment résisté qu'un set, prenant un meilleur départ (4-2). Djokovic a ensuite fait parler sa puissance et son efficacité en passings.

"J'étais très, très nerveux, a dit Novak Djokovic à l'issue de la rencontre. Au premier set, j'ai eu beaucoup de chance, mais à partir du deuxième, j'ai commencé à être plus agressif et Lleyton à commettre plus de fautes. Je pense qu'il a accusé la fatigue de son long match contre Baghdatis."

L'Espagnol David Ferrer, 5e mondial, s'est quant à lui défait de son compatriote et ancien champion de Roland-Garros Juan Carlos Ferrero au terme d'une rencontre digne d'un Grand Chelem sur terre battue (7-5, 3-6, 6-4, 6-1 en 3h08).

Dans le tableau féminin, la Polonaise Agnieszka Radwanska a créé la surprise en éliminant la 14e mondiale Nadia Petrova (1-6, 7-5, 6-0) après avoir été menée 6-1, 3-0. La Polonaise de 18 ans, 28e mondiale, s'est ainsi qualifiée pour son premier quart de finale d'un tournoi majeur.

Si elle veut se propulser dans le dernier carré, la Polonaise devra battre la Slovaque Danielala Russe Maria Kirilenko. Menée 6-1, 3-1, la 9e mondiale s'est finalement imposée après 2h20 de jeu (1-6, 6-4, 6-4). Hantuchova, revenue de l'enfer face à

L'autre quart de finale du bas de tableau verra l'affrontement de Venus Williams et Ana Ivanovic. L'Américaine a mis un fin au parcours de la Polonaise issue des qualifications Marta Domachowska (6-4, 6-4), tandis que la Serbe a été poussée au tie-break par la Danoise de 17 ans Caroline Wozniacki (6-1, 7-6(2)).

AP

Véritable attraction et révélation de cet Open d'Australie, le Français Jo-Wilfried Tsonga, 38e mondial et seul joueur non tête de série encore en course, aura mardi les honneurs de la "night session" à Melbourne pour son quart de finale face au Russe Mikhaïl Youzhny (n°14).

"C'est plutôt une belle surprise, je ne m'attendais pas à ça", a-t-il déclaré à Reuters. "Je suis content de jouer à un horaire confortable. Comme ça, tous les gens qui me soutiennent vont pouvoir dormir la nuit. À Savigné-L'Evêque (NDLR : domicile de ses parents, près du Mans), je sais qu'ils vivaient au rythme de mes matches précédents et ce n'était pas évident."

Aussi intraitable qu'impressionnant lors de ses quatre premières rencontres avec deux membres du Top 10 à son actif (Andy Murray et Richard Gasquet), Jo-Wilfried Tsonga entend poursuivre son irrésistible ascension vers des sommets qui s'étaient longtemps refusés à lui.

Car après de brillants résultats chez les juniors, où il fut vice-champion du monde en 2003, le Français a dû composer avec de sérieuses blessures qui ont mis en péril sa carrière. Mais il a toujours gardé la flamme et l'amour du jeu.

"Il a un gros coeur de joueur de tennis mais aussi un gros coeur de mec", témoigne Eric Winogradsky, son coach depuis quatre ans. "Quand on partage sa vie de tous les jours, ça facilite la vie. Evidemment, il y a eu des moments moins faciles et là, je ne parle pas que de l'époque où il était à l'horizontale sur son lit d'hôpital. Même dans les pires moments de sa carrière, il savait que je ne le laisserais jamais tomber. C'est pour cela qu'il est fort mentalement."

Ne doutant absolument pas de son destin de futur crack du circuit, Jo-Wilfried Tsonga a longtemps suivi de loin les ascensions de ses camarades de promotion Richard Gasquet ou Gaël Monfils. Aujourd'hui, c'est à son tour d'être en pleine lumière.

Et le défi proposé par Mikhaïl Youzhny ne semble pas l'effrayer.

"De toute façon, c'est un gros bonhomme, ce n'est pas comme contre le 15/2 du club", a dit Jo-Wilfried Tsonga. "Je n'ai pas le souvenir qu'en Grand Chelem il soit allé très loin. Je ne sais pas si je me trompe. (NDLR : le Russe s'était hissé dans le dernier carré de l'US Open 2006). Pour un joueur de son niveau, il aurait pu faire un peu mieux. Ça me laisse à penser que j'aurai ma chance. Je suis préparé, je suis en forme, j'envoie des 'sacs', comme on dit."

Lorsqu'il était junior, Tsonga avait atteint à deux reprises le dernier carré de l'Open d'Australie. Il dispose de toutes les armes pour faire maintenant aussi bien chez les grands.

 Reuters

Après les questions en anglais, Roger Federer a jonglé avec celles posées en suisse allemand et en français. Avec sa simplicité habituelle, il est revenu sur cette victoire sur Janko Tipsarevic, 10-8 au 5e set, résultante d'une partie fantastique à ses yeux.

 

C'est rare de vous voir aussi inquiété aussi tôt dans un tournoi du Grand Chelem. Que ressentez-vous ?

Roger FEDERER: C'était magnifique. Une partie phénoménale. On s'entraîne pour vivre des matches comme ceux-là. C'était une soirée un peu spéciale.

Sur le court, vous semblez avoir savouré votre bonheur...

R.F. : On apprécie le moment sur le terrain, quand on gagne. Mais une fois dans les vestiaires, je me suis dit que j'avais le prochain match à jouer dans deux jours. Heureusement, demain, je pourrais me reposer et penser à tout ça.

Physiquement, comment vous êtes-vous senti ?

R.F. : Je me suis senti un peu lent. J'aurais pu gagner plus facilement, mais j'aurais pu perdre aussi. Je suis passé par différents états d'âme. Ici, j'ai souvent joué des gros matches, comme celui contre Safin il y a trois ans.

On vous avait vu survoler votre sujet contre Fabrice Santoro. Pourquoi était-ce si compliqué cette fois ?

R.F. : Il faut lui rendre hommage. Il a super bien joué. Contre Fabrice, tout me réussissait. Contre Janko, c'était un match différent. J'ai dû beaucoup courir.

Au premier set, vous avez mené 5-3, 30-15, puis vous avez perdu la manche. Que s'est-il passé ?

R.F. : J'ai raté pas mal d'occasions au début du match. Si je les avais faites, je ne me serais pas retrouvé à 10-8 au 5e set. Mais en même temps, si je n'avais pas raté ces occases, je n'aurais pas eu la chance de jouer un match comme celui-là.

Vous souvenez-vous du dernier joueur, si l'on excepte Nadal, qui a mené deux sets à un contre vous ?

R.F. : Vraiment pas (rire).

Propos recueillis par Yannick Cochennec

Retrouvez de nombreuses photos de l'Open d'Australie dans l'album "Open d'Australie 2008"

C'est avec une logique implacable que Roger Federer a remporté dimanche à l'Open d'Australie son dixième tournoi du Grand Chelem, sans qu'aucun de ses sept adversaires n'arrive à lui ravir le moindre set.

Voilà qui est nouveau. Sur la route qu'il emprunte quotidiennement pour se rapprocher du titre de meilleur joueur de tous les temps, le Suisse n'avait encore jamais remporté un majeur sans perdre un set.

Après cet énième exploit, on pourrait donc croire que le fossé qui le sépare de ses contemporains s'est encore élargi. A voir la correction infligée à Roddick, les difficultés de Nadal ou l'impuissance de Fernando Gonzalez, son valeureux adversaire en finale (7-6, 6-4, 6-4), la thèse prend effectivement du poids.

Car aujourd'hui Federer ne fait plus du Pete Sampras, un de ces modèles et cousins de jeu, mais du Bjorn Borg, qui remportait les tournois du Grand Chelem de manière clinique et qui était d'ailleurs le dernier à ne pas avoir cédé un set en route, en 1980 à Roland-Garros.

A 25 ans, Federer est plus que jamais bien placé pour dépasser tous ses prédécesseurs au livre des records. A commencer par Borg, qui ne possède qu'un majeur de plus, en attendant d'effacer le record de quatorze victoires de Sampras.

S'il continue au rythme de trois titres du Grand Chelem par an, Federer aura fini le travail dans deux ans. Si, entre-temps, il arrive à remporter pour la première fois Roland-Garros, il n'aura peut-être même pas besoin d'attendre jusque-là pour devenir définitivement le plus grand de tous.

Son "parrain", la légende australienne Rod Laver, en est d'ores et déjà persuadé. Sa "victime" en finale, Fernando Gonzalez, aussi. "Il est sur la voie de devenir le meilleur. Il rend le tennis très simple et quand il a une chance il la saisit. S'il peut gagner Roland-Garros? Bien-sûr!", estime le Chilien qui, après son parcours à Melbourne, pointera au 5e rang mondial dès lundi.

Après sa 36e victoire de rang (nouveau record personnel), Federer a une nouvelle fois tempéré les ardeurs. Mais il a aussi glissé qu'il était "plus motivé que jamais" et qu'il ne comptait pas prendre sa retraite "avant les JO de Londres" en 2012. Il comptera alors peut-être vingt titres du Grand Chelem.

Sa suprématie actuelle s'explique par plusieurs facteurs. La première raison tient évidemment à son talent. Mais des joueurs comme ça, il y en a d'autres. Sans le physique qui va avec, la meilleure main ne sert à rien.

Or Federer a un corps idéal pour la pratique du tennis: grand mais pas trop (1,85 m), souple et léger. Là-dessus, il s'est forgé une condition physique irréprochable qui lui permet d'être à la fois rapide et endurant, puissant et fluide. Il possède également un jeu de jambes quasi parfait.

Avec son style de jeu économique, il ne brusque rien et planifie tellement bien ses saisons qu'il n'a plus été blessé depuis plus d'un an.

La troisième raison de sa suprématie vient de son mental et il l'a encore montré dimanche en finale en faisant fi de deux balles de premier set sur le service de Gonzalez.

Contrairement à un Nadal, qui compte déjà deux Roland-Garros à son tableau de chasse à seulement 20 ans, Federer a mis du temps à s'installer dans les tous meilleurs.

Comme beaucoup de surdoués, il lui arrivait de balancer des matches lorsqu'il ne jouait pas aussi bien qu'il estimait être capable de le faire. C'est sans doute sa plus belle réussite d'avoir réussi à faire sa révolution pour devenir le joueur tout en maîtrise qu'il est aujourd'hui.

"J'ai gagné mon premier Masters Series à Hambourg en 2002. Ce fut une étape cruciale, raconte-t-il. Après il me fallait encore une performance en Grand Chelem, genre une demi-finale. C'est arrivé en 2003 à Wimbledon où j'ai même pu aller au bout. Après, je n'ai plus jamais regardé en arrière."

AFP

Plus de photos demain

L'Américaine Serena Williams a remporté pour la troisième fois l'Open d'Australie en battant la Russe Maria Sharapova en deux sets 6-1, 6-2, samedi en finale.

C'est le huitième titre du Grand Chelem gagné par la cadette des soeurs Williams, 25 ans, déjà victorieuse à Melbourne en 2003 et 2005, à l'US Open en 1999 et 2002, à Roland-Garros en 2002 et à Wimbledon en 2002 et 2003.

Seulement 81e mondiale, Serena a remporté samedi son premier tournoi depuis deux ans. Le plus souvent blessée, elle n'avait même plus réussi à atteindre une finale pendant ce laps de temps. Grâce à ce succès, elle devrait remonter jusqu'au 14e rang mondial au prochain classement.

L'ancienne N.1 mondiale devient par ailleurs la deuxième joueuse non-tête de série à l'emporter à Melbourne, après Chris O'Neil en 1978.

Lors de la remise des trophées, Serena a remercié Dieu, sa mère, qu'elle a "beaucoup engueulée pendant la quinzaine", Sharapova, "qui lutte jusqu'au bout", son père et surtout sa soeur "Venus, que j'aime tellement", avant de s'effrondrer en larmes.

Tête de série N.1, Sharapova, 19 ans, était la première Russe à disputer la finale de l'Open d'Australie. Assurée de redevenir N.1 mondiale lundi, la Moscovite n'a donc pas réussi à remporter un troisième titre du Grand Chelem, après Wimbledon 2004 et l'US Open 2006. Samedi, elle a été complètement dépassée par la puissance de frappe de son adversaire et perdu la bataille du service lors d'une partie disputée sous le toit fermé de la Rod Laver Arena.

Comme lors des deux demi-finales hommes, les spectateurs ont assisté à une partie à sens unique, qui n'aura duré que 1 heure et 3 minutes. Serena a pu s'appuyer sur une première balle extraordinaire, tant en termes de vitesse (une pointe à 199 km/h) qu'en termes de régularité (67%). Sereine sur ses engagements, elle a pu mettre Sharapova sous pression, prenant le pari d'une prise de risque maximale, tout en limitant les erreurs (28 coups gagnants dont 7 aces pour 11 fautes directes).

Après avoir dominé le tennis au début du siècle avec sa soeur Venus, Serena Williams réussit ainsi un des retours les plus improbables de l'histoire du jeu. "Je ne pense pas que beaucoup l'attendaient en finale, mais moi si parce que je savais de quoi elle était capable, a applaudi Sharapova. C'est une grande championne, elle l'a prouvé par le passé et l'a encore montré aujourd'hui. J'espère qu'on se rencontrera encore souvent dans le futur et que (...) j'en gagne quelques uns (des matches) aussi."

Souvent blessée, opérée du genou gauche, perturbée par un drame familial et distraite par ses aventures extra-sportives, Serena Williams n'avait disputé que quatorze tournois en deux ans, sans une seule finale. Un bilan qui l'a fait dégringoler jusqu'au 140e rang mondial, en juillet 2006, son plus mauvais classement depuis 1997.

A Melbourne, elle a notamment battu les têtes de série N.5, N.11, N.16 et N.10 pour se frayer un chemin jusqu'en finale, sans joueur un tennis fantastique mais en faisant preuve d'une énorme volonté. Elle a été à deux points de la défaite, en quarts de finale contre l'Israélienne Shahar Peer (3-6, 6-2, 8-6), et a été menée 6-1, 5-3 par Nadia Petrova au premier tour.

Au final, elle a gardé le meilleur pour la fin, en surclassant la future N.1 mondiale.

Chez les hommes, le Chilien Fernando Gonzalez, tête de série N.10, a rejoint Roger Federer en finale de l'Open d'Australie, en surclassant l'Allemand Tommy Haas (N.12) en trois sets, vendredi à Melbourne.

Après Andy Roddick, c'est au tour de Tommy Haas de chercher un refuge secret pour les jours à venir. Abattu 6-1, 6-3, 6-1 par le bombardier de Santiago, l'Allemand, qui était venu chercher une première finale du Grand Chelem, est reparti comme Roddick. "Oui, j'ai vu le match de Roddick hier, c'était un peu pareil et j'étais confus comme Andy pouvait l'être, a commenté Haas. Je n'ai même pas mal joué, mais à chaque fois que j'ai essayé de changer quelque chose, il a trouvé la bonne réponse. Il a été trop bon ce soir."

AFP

Le Chilien Fernando Gonzalez, tête de série N.10, a rejoint Roger Federer en finale de l'Open d'Australie, en surclassant l'Allemand Tommy Haas (N.12) en trois sets, vendredi à Melbourne.

Après Andy Roddick, c'est au tour de Tommy Haas de chercher un refuge secret pour les jours à venir. Abattu 6-1, 6-3, 6-1 par le bombardier de Santiago, l'Allemand, qui était venu chercher une première finale du Grand Chelem, est reparti comme Roddick en se tenant le derrière du pantalon.

"Oui, j'ai vu le match de Roddick hier, c'était un peu pareil et j'étais confus comme Andy pouvait l'être, a commenté Haas. Je n'ai même pas mal joué, mais à chaque fois que j'ai essayé de changer quelque chose, il a trouvé la bonne réponse. Il a été trop bon ce soir."

Pour ne rien arranger, un feu d'artifice lointain a &eacut