Amélie Mauresmo a été
sortie au troisième tour du Tier 1 de Miami, dimanche, par la Chinoise Jie Zheng (5-7, 6-4, 6-4). Malgré un break réussi dans le deuxième set (4-2), puis un autre en tout début de troisième set,
la Française, toujours en manque de repères, n'a pas connu la même chance que lors du tour précédent. Face à une autre Chinoise, Shuai Peng, elle avait en effet sauvé une balle de match avant de
s'imposer. Déçue, mais pas abattue, l'ancienne numéro un mondiale se fait une raison et a accepté son statut de joueuse « en construction ». Une nouvelle défaite à son actif, certes, mais pas
encore l'envie de s'arrêter. « Il faut continuer », dit-elle.
« Amélie Mauresmo, aujourd'hui (dimanche) encore, vous avez disputé un match accroché, mais
contrairement à ce qui s'était produit face à Shuai Peng, ce n'est cette fois pas passé.
Là, j'ai eu un peu trop de hauts et de bas dans le jeu, contrairement à mon premier
match où je trouvais qu'il y avait plus de constance, plus de solidité. Jie Zheng a su profiter des moments où, de mon côté, c'était un peu moins percutant, où il y avait moins de longueur, où je
donnais un peu plus, notamment sur le côté coup droit et sur le service. À l'arrivée, c'est vrai que cela fait de nouveau un score accroché avec un match assez long, mais malheureusement ça ne
passe pas. C'est dommage.
Pensez-vous avoir « calé » physiquement ?
Peut-être un petit peu. Avec davantage de fraîcheur, cela aurait certainement été plus
facile, et notamment sur les deux coups dont je viens de parler, le coup droit et le service, où il y avait de ma part un léger manque d'engagement. Mais bon, c'est comme ça, et il faut aussi
retrouver l'habitude d'enchaîner les matches et de récupérer, parce que l'on a beau bosser physiquement à côté, je crois que la tension, l'intensité des matches, tout cela, on ne peut pas
vraiment le reproduire hors compétition.
Après votre premier match, remporté en sauvant une balle de match, vous disiez éprouver de la
fierté. Là, quel est le sentiment qui domine ?
Je suis déçue, surtout. Parce que c'est vrai que si c'était passé aujourd'hui
(dimanche), cela aurait encore été du positif pour moi, cela aurait été l'occasion de faire encore progresser mon jeu. Il y a des choses qu'il faut que je continue à travailler, et c'est dommage
de devoir encore le faire à l'entraînement... C'est toujours mieux de pouvoir essayer de le faire en match, parce que les conditions sont différentes.
Là, vous essayez de retenir le côté positif, vous ne voulez pas vous dire : mince, j'ai encore
perdu ?
Non ! Mais bon, forcément, tout de suite après la défaite, c'est rageant. Surtout que
dans ce match-là, j'ai eu quand même des occasions : j'ai eu le break notamment dans le deuxième set, dans le troisième aussi mais ç'a a été plus difficile, j'ai couru après le score. Mais j'ai
malgré tout eu des bonnes phases. Donc, c'est sûr, c'est rageant, maintenant, je suis en phase de construction. Je vais essayer de retirer le positif de ce match-là et faire en sorte de gommer
petit à petit les aspects négatifs.
Vous étiez repartie d'Indian Wells très démoralisée. Y a-t-il du mieux ici à Miami, des points
encourageants ?
Oui. Il y a d'abord la semaine d'entraînement entre les deux tournois qui a été
vraiment encourageante. Après, cela s'est pas mal traduit hier (samedi contre Shuai Peng), cela s'est traduit seulement par moments et par phases aujourd'hui, même si j'étais, encore une fois, en
position de l'emporter. Le but est d'avoir non seulement cette consistance sur tout un match, mais aussi en enchaînant ce genre de match-là. Il faut retrouver l'instinct et le
naturel.
Vous quittez donc Miami « regonflée à bloc » ? Vous continuez
?
Regonflée à bloc, tout de suite après la défaite, c'est un peu difficile, surtout que
je peux m'en vouloir sur certaines choses. J'étais un peu touchée physiquement, je n'ai pas fait un gros match, mais il y avait quand même de la place aujourd'hui, donc c'est un peu décevant.
Voilà, malgré ça, il faut continuer... (sourire)
Qu'avez-vous décidé pour la suite de votre programme ?
A priori, je vais rester pour Amelia Island et ensuite repasser par l'Europe avant de
repartir au Japon pour la Fed Cup. Et puis après, ce sera assez classique sur terre battue avec Berlin, Rome, Roland Garros. Pour l'instant, je n'ajoute rien d'autre. On verra au fur et à mesure.
»
Myrtille RAMBION
Vidéo du 3ème tour (Davenport et S. Williams)