Mauresmo a perdu contre Kuznetsova mais la qualité de son jeu au deuxième set lui permet de quitter Dubaï la tête haute.Amélie Mauresmo n’a pas à rougir de sa défaite d’hier (6-1, 7-6) subie face à Svetlana Kuznetsova, numéro 2 mondiale. Dans l’état actuel des choses, on peut même dire, que pour la première fois de la saison, la Française a montré qu’il y avait encore de la matière dans son jeu et donc un avenir plus rose qu’on ne l’imaginait il y a une semaine.
Une défaite honorable
A la question d’un journaliste local qui lui demandait ce qui n’allait pas dans son jeu, Mauresmo, encore rouge de transpiration immédiatement après son match, répondait un peu pincée : "Vous avez vu le match ? Vous n’avez pas remarqué que mon adversaire jouait plutôt pas mal au tennis ?" Puis elle enchaînait en reprenant un ton normal. « Svetlana ne m’a pas laissée respirer au premier set. Tout ce qu’elle frappait, c’était des coups gagnants. Il n’est pas facile de m’organiser dans ces conditions ».
En vingt-deux minutes, la manche était bouclée et Mauresmo n’avait pas pu réussir plus de trois ou quatre interventions brillantes. Une petite conversation avec son coach à la fin du set lui permit d’attaquer la suite avec une idée plus précise de ce qu’il fallait faire. Mauresmo suivit alors systématiquement toutes ses premières balles de service au filet avec un pourcentage de réussite proche de la perfection puisqu’elle ne céda que trois points sur un ensemble de dix-neuf enchaînements. Servant pour le gain du deuxième set à 5-3, elle loupa cependant l’occasion d’égaliser à une manche partout mais sans avoir grand-chose à se reprocher. Le seul regret qu’elle éprouvait concernait la perte du tie-break. « Je n’ai pas été assez présente sur ce jeu décisif (perdu 7-4) et c’est dommage. Je ne dis pas que j’aurais gagné mais ça aurait donné plus de relief à ce match. »
Un nouvel état d’esprit
Il y a une semaine, après avoir perdu à Doha contre Tanasugarn, Mauresmo était au trente-sixième dessous. Là, elle repart de Dubaï avec des impressions positives en tête. « Je sors de ce tournoi avec beaucoup de confiance et rassurée sur tout un ensemble de choses, tout en sachant que du fond du court, par exemple, je peux faire beaucoup mieux. Sur le plan du comportement, de la détermination, de la lucidité, que ce soit contre Svetlana, contre Medina-Garrigues il y a deux jours, et même contre Morigami, où j’ai vraiment mal joué, ça n’a plus rien à voir. Rétrospectivement, je pense que j’ai paniqué après ce match contre Tanasugarn. Je me suis posée plein de questions pour essayer de savoir comment je pouvais me frustrer autant alors que j’aurais dû mettre ce match ente parenthèses de manière à l’oublier au plus vite. »
De l’espoir pour la suite
Amélie Mauremso va maintenant passer
quelques jours chez elle à Genève avant de s’envoler pour la Californie, accompagnée comme prévu non pas de Loïc Courteau, mais d’Alexia Dechaume, son attachée de presse qui l’a entrainée de
Janvier 2000 à Mai 2002. Elle y enchaînera les deux tournois d’Indian Wells et Miami. Ces deux étapes revêtiront une grande importance pour la suite. Avec un moral retrouvé, Mauresmo devra
confirmer les bonnes impressions laissées ici comme le disait hier Loïc Courteau : « En attaquant comme elle pouvait au deuxième set et avec succès, Amélie s’est ouvert une fenêtre. Même si cela
fait longtemps que je lui répète, elle doit absolument se persuader qu’on peut gagner des matches au filet pas seulement sur gazon ou sur court couvert. »Dans ces deux tournois américains qui rassemblent quatre-vingt-seize joueuses, Amélie Mauresmo sera tête de série et, à ce titre exempte de premier tour. A elle de tirer partie de cette situation qui doit lui permettre de jouer son premier match contre une joueuse moins bien classée qu’elle pour ensuite se lancer à l’assaut de plus gros morceaux.
Une progression au classement
Quand on lui parle de son classement, Mauresmo rigole. « Je ne sais même pas combien je suis, je ne veux pas le savoir. Je crois que j’étais dis-huitième après l’Open d’Australie. » Lorsqu’un confrère lui annonce sa position (29e), la Française rit de nouveau. « Eh bien, dites donc, ce n’est pas fameux ! Mais franchement, en ce moment, je m’occupe plus de mon jeu que de mon classement. Pour faire des projections, je sais seulement que je n’ai plus un point à défendre pendant pas mal de semaines. » Opérée d’urgence de l’appendicite le dimanche 18 mars 2007, elle n’avait repris la compétition que deux mois plus tard à Berlin. Elle ne peut donc qu’améliorer sa position ces prochaines semaines. Déjà, cette semaine, elle ajoutera 75 points à son total, ce qui lui permettra de progresser de deux ou trois places au prochain classement. Une modeste ascension, sans doute, mais Mauresmo n’en est pas au stade où elle peut engranger les points par centaines comme ces dernières saisons.
Kuznetsova : « Amélie est sur la bonne voie »
Avant d’affronter Amélie Mauresmo en quarts de finale, Svetlana Kuznetsova avait accepté de commenter la période de crise que traverse actuellement sa meilleure amie sur le circuit. « Amélie est une grande amie, quelqu’un pour qui j’ai énormément de respect. Elle est une source d’inspiration pour moi et ça me désole de voir qu’elle traverse une sale période depuis plusieurs
mois. Après sa défaite de la semaine dernière, à Doha, elle était vraiment mal. Nous avons parlé pas mal et je
lui ai dit qu’elle devait oublier très vite ce match perdu contre Tanasugarn. Ensuite, je lui ai proposé de jouer quelques doubles avec moi, ici, à Dubaï, à Indian Wells et peut-être aussi à
Miami. Je pense que ça lui fait du bien d’être sur le court avec quelqu’un à qui parler en cours de match, avec qui plaisanter et se détendre aussi.Le passage à vide qu’elle connaît en ce moment est d’autant plus difficile à vivre qu’elle est en fin de carrière. Dans ces conditions, on doute de plus en plus. Mais je connais Amélie, elle a du caractère, et si elle dit que l’heure de la retraite n’a pas encore sonné, c’est qu'elle va tout faire pour revenir à son niveau. Elle est en excellente condition physique, il ne lui suffit plus que de positiver. »
Hier, à l’issue du match, la Russe ajoutait : « Si Amélie continue de jouer comme elle l’a fait au deuxième set, je ne me fais pas de souci pour elle. Quand elle attaque et prend le filet, ce n’est pas facile de la passer. Franchement, après un tel match, je me dis qu’elle est sur la bonne voie. »
Loïc Courteau, l’entraineur de la Française, ne voit qu’une issue pour un retour de Mauresmo au plus haut niveau : l’attaque à outrance.
« Ne pas y aller par quatre chemins »
EQ : Comment jugez-vous cette défaite d’Amélie contre Kuznetsova ?
LC : J’ai envie de n’en retenir que le deuxième set. Au premier, ce n’est pas qu’Amélie ait mal joué, car en face ça bombardait à tout va. Mais aujourd’hui, elle n’a pas les armes pour contrer en fond de court le jeu d’une fille qui frappe aussi fort que Svetlana. A partir du moment où elle a commencé à enchaîner les montées vers le filet, au deuxième set, on a vu un autre match, ça a super bien marché. Alors, elle a fini par perdre, mais au moins elle a pris plus de plaisir dans ce second set que dans tous les matches de début de saison réunis. J’espère qu’après tant d’années à lui répéter que c’est en allant vers l’avant qu’elle s’exprime le mieux, elle va enfin s’en persuader. Je voudrais ne la voir faire que ça dans ses prochains matches.
EQ : Quel bilan tirez-vous de ces deux semaines passées au Moyen-Orient ?
LC : Pour moi, le principal enseignement de la quinzaine, c’est ce que j’ai vu sur le deuxième set de son dernier match. Son avenir n’est pas ailleurs, ce n’est pas la peine qu’elle aille chercher midi à quatorze heures. Ce qui s’est passé, c’est comme une bonne étoile qui lui dit : "Amé, ton jeu est là, c’est en jouant de cette manière que tu es la plus efficace et que tu t’éclates le mieux." En dehors de ça, et en oubliant ce qui s’est passé à Doha, car tout était nul là-bas, je retiens qu’il y a eu de la combativité chez Amélie en allant chercher deux victoires, sur deux matches difficiles, avec une bonne attitude.
EQ : Vous ne serez pas à Indian Wells ni à Miami avec Amélie. Alors quelles seront vos recommandations quand elle va partir là-bas ?
LC : On en a déjà parlé et je lui ai dit tout simplement qu’il fallait rester sur ce qu’elle avait fait contre Kuznetsova. C’est un nouveau départ, elle doit être consciente que c’est ce jeu-là qui va la ramener à son meilleur niveau. Alors, il faut y aller, continuer à Indian Wells, continuer à Miami et puis si elle sent qu’elle a besoin de moi quand elle arrivera à Miami, par exemple, j’arrive tout de suite. Mais ce que j’espère surtout, en mon absence, c’est qu’Amélie se pose elle-même les bonnes questions et trouve les réponses positives. Si elle a envie de continuer à jouer au tennis, il ne faut pas y aller par quatre chemins, elle le sait. »

Amélie Mauresmo a connu un début d'année 2008 décevant avec des éliminations à l'Open d'Australie (3e tour), à l'Open
Gaz de France (quarts de finale) et à Doha (2e tour).

La Belge Kim Clijsters,
ex-numéro un du tennis mondial féminin, a donné naissance à une petite fille mercredi, neuf mois après avoir annoncé sa retraite sportive.
En manque de confiance,
Marion Bartoli n'a pas réussi à passer le 1er tour à Dubaï où elle s'est inclinée face à Francesca Schiavone. Amélie Mauresmo, en plein doute elle aussi, a lutté face à Anabel Medina Garrigues
mais s'est imposée en deux sets.
Après un nouveau match épique en cinq sets face à Mergea et Tecau, Llodra et Clément ont apporté le 3e point qualificatif de
Blessée au dos, Marion Bartoli n'a pas réussi à se hisser en finale de l'Open Gaz de France en s'inclinant en trois sets face à Anna Chakvetadze, tête de série N.1.
Amélie Mauresmo a joué trois jeux, puis Elena Daniilidou a abandonné.