Christian Bîmes, président de la Fédération française de tennis (FFT), a critiqué mercredi le comportement de Richard Gasquet
après l'élimination de l'équipe de France par les Etats-Unis en quart de finale de la Coupe Davis.
Lors d'une conférence de presse à Roland-Garros, Bîmes a fustigé l'attitude du numéro un français et 10e joueur mondial, et
plus généralement des joueurs de la jeune génération.
"Je suis déçu de ce qui s'est passé ce week-end à Winston-Salem", a reconnu Christian Bîmes.
"On est considéré comme une nation capable de gagner la Coupe Davis et malheureusement, je constate que depuis trois ans, on a
du mal à avoir nos meilleurs joueurs avec la vraie envie de gagner. Car c'est ce qui nous manqué tout au long de ce week-end."
Christian Bîmes à fait là allusion au comportement de Richard Gasquet, leader naturel de part son classement mondial, qui n'a
pas joué un match à enjeu lors de ce quart de finale.
"Ce n'est pas normal qu'avec tous les moyens que la Fédération se donne, on n'y arrive pas. Il faut leur faire comprendre
qu'il faut se battre à n'importe quel prix, même si on se met à la merci d'une douleur ou une blessure. On a souvent vu des joueurs cassés pendant un mois mais ils faisaient des
sacrifices."
"LA JEUNE GÉNÉRATION NE L'A PAS COMPRIS"
Christian Bîmes a confirmé avoir eu une entrevue avec Richard Gasquet et Guy Forget samedi après-midi à Winston-Salem,
quelques minutes après le succès de la paire Arnaud Clément-Michaël Llodra, qui a ramené la France à 2-1 et entretenu l'espoir.
"Evidemment, j'ai essayé de faire passer mon message mais ce n'est pas facile pour un capitaine d'imposer un joueur pour un
premier match s'il ne veut pas y aller", a dit Christian Bîmes.
"Je savais par avance que Paul-Henri Mathieu éprouverait de gros problèmes face à (Andy) Roddick, après son long match du
vendredi face à (James) Blake. Notre seule chance résidait en la titularisation de Gasquet.
"Lors du tirage au sort, j'avais eu la parole de la bouche de Richard qu'il jouerait le dimanche. Il m'avait dit : 'Président,
bien sûr que je ferai tout, tant pis si je me blesse, j'irai !'. Guy Forget a fait ce qu'il a pu. Dans le futur, il faudra taper du poing de la table. Mais sur cette rencontre, malheureusement,
on avait la même analyse."
Englobant la Fed Cup, le pendant féminin de la Coupe Davis, le président de la FFT tance le manque de motivation des équipes
de France.
"Depuis quelques années, il y a des difficultés pour faire comprendre aux joueurs qu'il faut jouer en équipe de France", a
poursuivi Christian Bîmes.
"Je ne crois pas qu'ils se rendent compte de l'importance de cette épreuve par équipes. En l'espace d'un week-end, on peut
passer du statut de champion à celui de star. Demandez à Henri Leconte, Guy Forget, Arnaud Boetsch, Fabrice Santoro ou Cédric Pioline ce qu'ils sont devenus après la conquête d'un Saladier
d'Argent.
"La jeune génération ne l'a pas compris."
Reuters