Dans un livre présenté mercredi à Bruxelles, José Henin, le père de la numéro un mondiale de tennis Justine Henin, la plus grande joueuse belge de tous les temps, raconte l'histoire de sa vie, mais surtout de sa séparation avec sa fille et de ses retrouvailles sept années plus tard. Christelle Gilquin, une journaliste originaire de la même région que les Henin, a recueilli son témoignage.
Dans "Justine, ma fille, ma championne", José Henin, 58 ans, revient en guise de thérapie sur le passé de sa famille, qui n'a pas été épargnée par les drames - la mort de l'une de ses filles, d'un petit-fils et d'une épouse bien-aimée -, mais surtout sur ses difficultés à gérer le début de la carrière de Justine.
"Ce fut une joie énorme de revoir ma fille après autant d'années d'absence. J'avais d'abord envie d'en parler", a expliqué le père de la championne. "J'avais aussi entendu tellement de fausses rumeurs engendrées par cette situation que je voulais donner ma version. Être le père d'un enfant comme Justine a été très difficile. J'ai commis beaucoup d'erreurs et me suis trompé de rôle à un certains moments", a également commenté José Henin au sujet de son livre, dont la préface émouvante a été écrite par la N.1 mondiale.
A détailler le contenu du livre, on comprend vite que ce dernier est aussi un cri d'amour adressé par un homme, qui se dit "avoir été mal et déprimé pendant toute la période de la séparation". Six chapitres sur les sept sont consacrés à toutes les femmes de sa vie: Justine et la dispute, sa mère Jeanne, son épouse Françoise, sa première fille décédée Florence, sa fille Sarah, sa petite-fille Kiara, et enfin à nouveau Justine, mais pour parler de ses retrouvailles cette fois.
Sans vouloir donner de leçons, José Henin donne aussi dans le premier chapitre quelques conseils aux parents de jeunes sportifs surdoués."C'est vrai qu'à un certain moment, après la mort de mon épouse, je suis devenu hyper-protecteur. Une situation terriblement étouffante pour elle. Je ne m'en rendais pas compte. Sa réaction de vouloir quitter le cocon familial était finalement normale. Elle avait besoin de respirer. C'est pour cela que je dis que les parents de grands sportifs ont besoin d'une aide psychologique. On se sent trop isolés. Il serait judicieux qu'il y ait une collaboration plus étroite entre les parents, la fédération et le Comité Olympique", suggère José Henin.

